Vendanges


Prédication du fr. Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond op pour le dimanche 4 octobre.

La messe a été aussi l'occasion de célébrée le baptême d'Aude.


Planter, confer et réclamer, ce sont les 3 temps de la parabole, 3 temps qui nous

parlent du péché sans doute des vignerons, mais qui nous parle d'abord de Dieu : de sa

justice, de son désir.


Planter, d'abord. Il ne s'agit pas seulement de planter le décor, mais d'abord de nous

dire qui le premier a agi et enclenché la suite de l'histoire. Le maître qui bêche la terre et

enlève les pierres ; qui choisit et aligne les plants ; qui dresse une clôture, bâtit la tour,

creuse pressoir. Planter une vigne sur ce terrain, c'est son droit et sa pleine liberté. Mais à

partir du moment où il exerce librement son droit, le fait de prendre soin de sa vigne, cela

devient son devoir : il doit, à sa vigne, d'en prendre soin, et il le fait. Et s'il exerce librement

son droit et accomplit soigneusement son devoir, c'est sans aucun doute parce qu'il a désir,

car il attend de beaux, de bons fruits. C'est librement, que Dieu nous appelle, pas de

crainte qu'il nous abandonne : il est aimant et doux à sa vigne qu'il plante par le baptême,

nourrit de son corps et garde par le don de l'Esprit.


Puis vient le deuxième temps, un temps d'attente, tandis que notre vigne étend ses

branches, forme ses fruits sur les coteaux. Confer à d'autres la vigne, c'est son droit ; c'est

même son devoir, puisqu'il s'absente ; c'est encore une fois son désir. Il a confiance que :

les vignerons forment les mêmes vœux et les mêmes grands désirs, espèrent les mêmes

fruits que lui. Ici, nous sommes plus seulement la vigne, nous sommes aussi les vignerons :

ceux qui peinent et qui travaillent à l'œuvre du Seigneur, qui font effort et qui se

réjouissent de voir mûrir les fruits sur la colline. Ces fruits dont saint Paul faisait la liste et

la vendange aux Philippiens : ce qui est noble, et bon, et vertueux, digne d'éloge, cela qui

est aimable, … bref tous les fruits d'amour que Dieu désire nous voir former.

Et vient le 3° temps : se faire remettre les fruits. C'est bien le droit du propriétaire :

ces fruits, on les lui doit. Et puis, les réclamer, il le doit, à lui-même et à son héritier : sinon,

pourquoi s'obstinerait-il à envoyer des serviteurs une deuxième fois ? Et ici encore, ce n'est

pas seulement son droit et son devoir, mais aussi son vœu le plus cher : il veut manger ses

fruits, boire son vin. Sinon, pourquoi prendre le risque de perdre aussi le fils ?


*


Le tort et la faute des premiers vignerons, c'est de n'avoir pas compris le maître.

Depuis le temps qu'il leur confie sa vigne, les associe à son désir, ils ne comprennent pas

que l'héritage leur est promis, à eux aussi. Puisque le maître n'est pas jaloux de son travail,

il ne peut pas non plus être jaloux des joies et du bonheur de la récolte. Quand ce sera

l'heure des vendanges, au soir sur la colline, puisque le maître est juste et bon, il nous

invitera à manger son fruit et notre fruit, à boire son vin et notre vin.


Le tort des premiers vignerons, c'est aussi de ne pas avoir compris la vigne : elle

n'est qu'une parabole du Royaume de Dieu. La beauté des plants, la bonté des fruits, la

douceur et l'ivresse du vin mûri sur la colline, c'est une parabole : c'est l'image, le signe et

la promesse du fils qui vient. Travailler à la vigne, pousser nos fruits d'amour, c'est

attendre et appeler celui qui doit venir : le fils, l'ami et l'héritier. Car le royaume c'est Jésus

Christ lui-même ; car l'héritage, c'est l'héritier. En tuant le fils, les vignerons ont détruit

l'héritage qui leur était promis.


Mais si la parabole s'achève ici, le dialogue se poursuit : c'est là , comme dit Jésus,

c'est là merveille à nos oreilles et à nos yeux ; merveille, car y a un quatrième moment,

qu'annonce Jésus Christ : la pierre rejetée va devenir la pierre d'angle, le fils assassiné se

relèvera d'entre les morts, et une nouvelle équipe, inattendue, va prendre le relais. La

résurrection du Christ et un acte de justice de la part de Dieu, c'est aussi son désir profond

de faire vivre et de donner la vie : à tous ses héritiers, à son fils d'abord, mais aussi aux

vignerons qui vont par grâce de baptême se joindre à lui.


*


Aude, la merveille et la bonne nouvelle, vous l'avez entendue : il y a une place à

prendre dans la parabole, une tâche à accomplir dans le Royaume de Dieu. Et même : par

le baptême, vous devenez une parabole du Royaume, vous devenez l'image de Jésus

Christ. Par le baptême, comme vous l'avez dit un jour vous-même, Dieu trouve sa joie en

vous ; et par la confirmation, Dieu vous invite à donner sa joie au monde. Ayez confiance

en lui, ayez confiance en vous, puisqu'il vous fait confiance. Et puisque vous savez être

exigeante, Aude, surtout avec vous-même, demandez-lui en même temps les fruits de la

patience et de la paix. Il y a et il y aura, bien sûr, des découragements et des fruits

décevants, des infidélités, des impatiences. Il y a, et il y aura, surtout, chez vous et chez les

autres, des fruits plus beaux et plus nombreux que ceux que vous pourriez imaginer, des

fruits peut-être longs à venir, comme ce baptême que l'on attend depuis avril ; des récoltes

qu'il faudra longtemps mûrir et patienter, mais, Aude, sachez-le bien : les vendanges

d'octobre, ces vendanges tardives, font les vins les plus doux.


*


fr. Grégoire Laurent-Huyghues-Beaufond, op

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